6ème Journée du Volontariat français à l’Alliance Française de Tananarive

La Grande Île accueille chaque année plus de 1000 volontaires français. Focus sur le volontariat français à Madagascar à travers les expériences de ceux qui s’engagent dans des projets de solidarité internationale !

2016 étant marquée par une volonté toujours plus forte de la jeunesse de s’investir dans des projets de solidarité internationale, cette édition de la journée du volontariat français à Madagascar a choisi pour thème : "Volontariat, Jeunesse et Cohésion sociale".

France Volontaires Madagascar souhaite ainsi lancer une réflexion sur l’implication et la mobilité de la jeunesse dans le cadre de la coopération au développement avec tous les acteurs investis dans le volontariat.

Focus sur le volontariat français à Madagascar à travers les expériences de ceux qui s’engagent dans ces projets de solidarité internationale !

Karine
Guilhem et Gersende
Valérie

Portrait de Karine : la globe-trotteuse au grand cœur

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Karine est éducatrice spécialisée de formation. A 33 ans, elle a travaillé pendant 7 ans en France avec un public de personnes en réaménagement de peines et des jeunes en difficulté sociale. Son goût prononcé pour la solidarité internationale l’a poussée à partir pour des activités bénévoles au Sénégal pendant un mois et au Togo à plusieurs reprises. A l’occasion d’un changement dans sa vie professionnelle, Karine a décidé de se consacrer pleinement à la solidarité internationale.

Suite à un séjour à la Réunion, ses proches lui expliquent que de nombreuses associations sont en recherche de bénévoles à Madagascar. Sur ces mots, Karine pris ses affaires et s’envola pour la Grande Île. Une première mission de 6 mois au sein de l’association Domino Madagascar lui donne les premiers éléments de compréhension de la culture du pays et lui permettent de constater la beauté et l’étendue de ses paysages. L’échange avec autrui et l’entre-aide l’ont toujours animée, ainsi à la fin de son intervention bénévole à Tananarive, elle choisit de trouver une association qui pourrait avoir besoin de ses compétences de travailleur sociale.

Après les formations au volontariat au sein du SCD et de la DCC, Karine trouve une opportunité au sein de l’ONG Stephandava à Andavadoaka en novembre 2014. Ou selon ses termes : « c’est plutôt la mission qui m’a choisie que l’inverse » !

Au départ, le travail de Karine au sein de Stephandava consiste à organiser des formations en langue française pour les instituteurs du village. L’objectif de cette activité est accroître la capacité des professeurs dans l’enseignement du français, conformément aux visées de base de l’association. Par la suite, les activités se sont diversifiées avec notamment la création d’une bibliothèque disposant de livres en français, en malgache et en anglais ; ainsi qu’avec l’embauche de deux animateurs supplémentaires. Ce changement lui a permis de voir son poste évoluer au gré des besoins de l’association, au point de l’avoir amené à s’atteler à des activités qu’elle n’avait pas encore expérimenté. Aujourd’hui elle ne fait plus seulement de la formation, elle assure également la gestion administrative et comptable de l’association. Mais cette charge de travail supplémentaire ne la décourage pas. Bien au contraire, elle vit cela comme un enrichissement et se satisfait d’être témoin et actrice du développement d’une initiative solidaire à Madagascar.

L’imprévu est souvent au rendez-vous. Au contact du terrain, Karine et ses collègues s’aperçoivent d’un problème d’absentéisme et de manque d’assiduité des enfants dû au fait qu’ils ne mangent pas le midi. En effet, la tenue des journées de classes et le départ des parents au travail font que les enfants n’ont nulle part où manger. Pour pallier à cela, la volontaire organise un crowdfunding au mois de novembre 2015. Avec l’aide de toutes les bonnes volontés de son réseau et de nombreux relais – dont France Volontaires – l’association a pu récupérer 4000 euros pour donner des goûters aux enfants durant l’année scolaire.

Dans la vie quotidienne, Karine apprécie de vivre à Andavadoaka. Bien que située à 7h de route de Tuléar, le cadre de vie y est particulièrement agréable. De plus, être dans une commune de taille modeste lui permet de créer des liens forts avec les habitants et de vivre une immersion totale au sein de la société malgache, ce qui est particulièrement important pour elle qui a déjà connu la vie en capitale. Mais, elle avoue qu’une petite visite à la ville est toujours l’occasion de profiter des festivités des nuits malgaches.

Portrait de Guilhem et Gersende : le don de soi comme principe de vie

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Guilhem et Gersende sont mariés depuis 10 ans et parents de 4 enfants. En France, Guilhem travaillait dans l’immobilier et le couple avait été missionné pour servir dans la pastorale des étudiants de la ville de Toulouse. Depuis leur mariage, ils font du don de soi leur principe de vie.

Souhaitant mettre ce principe en application, ils font le choix de partir en mission avec FIDESCO en qualité de Volontaires de Solidarité Internationale. L’association leur propose alors une mission qui correspond aux besoins locaux et à leurs profils. Présents sur le terrain depuis septembre 2015 et pour une durée de deux ans, ils exercent au sein de l’université Athénée Saint Joseph d’Antsirabe (ASJA). Guilhem est responsable de la gestion administrative et financière de l’établissement ainsi que des ressources humaines à plein temps ; Gersende est professeur de français à mi-temps et EVA (éducation à la vie et à l’amour) au sein de l’université.

Le couple est ravi de son installation à Madagascar. Au quotidien ils s’émerveillent de la serviabilité des malgaches et de l’énergie qu’ils déploient au travail. Le couple avoue espérer un jour que des sortants de l’ASJA deviennent ministres à Madagascar : ainsi, la formation humaine promue à l’ASJA, centrée sur la saine recherche du Bien Commun, et les valeurs de subsidiarité, solidarité et justice, pourra avoir un impact positif à grande échelle. Ils sont également admiratifs de l’espérance, la volonté et la persévérance d’une population qui doit faire face à des difficultés parfois énormes ; et qui malgré tout reste toujours prête à rendre service. Toutefois, ils admettent que la cohabitation peut parfois être complexe à cause de l’interculturalité. La différence entre les manières de penser françaises et malgaches peut parfois amener à des difficultés à comprendre l’autre, mais Guilhem et Gersende ne désarment pas et continuent à vouloir échanger et partager avec les personnes autour d’eux !

En corrélation avec leurs convictions personnelles, ils souhaitent contribuer à la diffusion de certaines valeurs. Notamment la notion de subsidiarité : c’est-à-dire la mise en valeur des structures intermédiaires (associations locales, établissements spécialisés…), mais aussi l’aide aux plus démunis. En cela, Guilhem et Gersende peuvent s’appuyer sur certaines valeurs de la société malgache telle que le Fihavanana : un lien social valorisé dans la culture de Madagascar qui consiste à l’entraide et à la solidarité entre les individus, cette valeur constitue un principe de base de la vie collective à Madagascar.

Cette notion fondamentale de la société malgache, Guilhem et Gersende souhaitent également la transmettre aux jeunes volontaires à Madagascar ou ailleurs. Aussi quand on leur demande quel message ils souhaiteraient faire passer aux jeunes français pour les inciter à faire du volontariat, Guilhem affirme que : « la joie est dans le don », et Gersende donne le conseil suivant : « rends les autres heureux et tu trouveras la joie ».

Portrait de Valérie : sensibiliser les familles aux enjeux de la scolarisation

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Valérie a occupé un poste en qualité de Volontaire de Solidarité Internationale (VSI) envoyée par France Volontaires pendant 12 mois, en appui aux activités du Secours Islamique Français (SIF) dans la province de Morombe (Sud-Ouest de Madagascar).

En parallèle d’un parcours universitaire assez complet – Master 1 de psychologie puis un Master 2 Education et Formation – la nantaise d’origine réunionnaise a pu commencer à s’impliquer dans le secteur de la jeunesse en tant qu’animatrice en colonies et centre de vacances. De plus, avant d’arrivée à Madagascar, Valérie eu l’occasion de s’essayer au Service Volontaire Européen durant une année entière à Barcelone. Elle également eu l’occasion d’exercer en tant que professeur en langue française pour les maternelles et primaires à l’étranger pendant une durée de cinq ans, au cours desquels elle a pu réaliser un tour du monde presque complet.

La jeune femme est arrivée à Madagascar en août 2015. Son intégration dans le pays fut facilitée du fait des liens familiaux qu’elle a avec le pays. En tant que VSI, elle a pu faire ses premiers pas dans le monde des organisations non-gouvernementales. Son objectif était avant tout professionnel. Son expérience au sein du SIF lui à permis de développer ses compétences en gestion de projets, alors que cela ne faisait pas partie de sa formation initiale.

En ce qui concerne sa mission, Valérie a été très satisfaite du travail accompli. Au quotidien, les activités dans lesquelles elle était impliquée furent diverses. De la réhabilitation d’écoles en dur à la construction de centre préscolaires. De la formation d’éducateurs à l’accompagnement familial pour sensibiliser les familles aux enjeux de la scolarisation. L’un des objectifs principaux de l’équipe du SIF sur le terrain était également (et est toujours) le développement de l’activité économique des familles pour à l’avenir pouvoir financer de manière autonome l’inscription des enfants.

Par ailleurs, la VSI a également du gérer des volets d’actions plus centrés sur les conditions d’enseignement : développement de méthodes d’apprentissage, création de manuel pour enseigner, scolarisation d’enfants qui ne l’ont jamais été (150 enfants pris en charge dans le cadre du programme), soutien scolaire mis en place le samedi. En tout, Valérie a été amenée à travailler au développement de 8 écoles. Cette activité la conduite à gérer des équipes de techniciens et d’animateurs, organiser le suivi des données statistiques, caritatives, logistiques (fournitures en matériel scolaire).

Au-delà de la richesse de sa mission, Valérie est avant tout satisfaite du bon travail d’équipe qui a été réalisé sur le terrain. A Morombe, elle a trouvé des collaborateurs investis et solidaires qui ont tous contribué à la bonne mise œuvre et la bonne évolution du projet. De plus, elle a pu profiter du cadre sympathique de la région, avec un climat agréable et la plage à disposition. Toutefois, c’est surtout le mode de vie « en brousse », propice aux rencontres et à la tranquillité qu’elle a apprécié, bien qu’il s’accompagne d’une certaine forme d’isolement par moment.

En résumé, Valérie retient de son expérience de VSI une belle opportunité de mettre en application ses compétences en matière d’éducation tout en s’ouvrant à d’autres champs d’actions et en développant de nouveaux savoir-faire.
De retour en France, elle peut maintenant se consacrer à ses projets d’avenir, qui nous l’espérons, la conduiront à nouveau sur la Grande Île.

Comme il est coutume de dire à Madagascar : « Mandra Pihaona* », à la prochaine* !

Les volontaires français à Madagascar

Ils s’engagent à travers différents dispositifs de volontariat dont :

  • Le Volontariat de Solidarité International
  • Le Service Civique
  • Le Congé Solidaire
  • Le Bénévolat
  • Les Chantiers de Solidarité Internationale

Et dans des domaines aussi variés que l’éducation, le secteur de la santé et la préservation de l’environnement :

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France Volontaires : échanges et solidarité internationale

France Volontaires est l’opérateur de référence du Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International en matière de volontariats internationaux d’échange et de solidarité. France Volontaires est la plateforme des volontariats solidaires à l’international. Créée le 1er octobre 2009, elle a pour objet de promouvoir et de développer les différentes formes d’engagements relevant des volontariats internationaux d’échange et de solidarité (VIES) et de contribuer à leur mise en œuvre. Sa mission est d’informer et orienter les personnes souhaitant s’engager (candidats, volontaires, structures d’accueil ou d’envoi).

Téléchargez le dossier de presse de France Volontaires Madagascar

Pour tout savoir sur France Volontaires Madagascar, téléchargez le dossier de presse 2016 (Pdf - 730 Ko).

Dernière modification : 14/10/2016

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