Atelier de restitution de l’étude « l’Entreprenariat Social à Madagascar »

Sollicitée de manière croissante pour accompagner le développement de projets et d’entreprises aux business models innovants spécialisés dans les problématiques sociales et environnementales, l’AFD a lancé une étude en vue de développer de nouveaux instruments financiers et de soutien à ces initiatives portées essentiellement par le secteur privé.

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L’entreprenariat social (ou social Business) connaît un développement, au moins médiatique, important. De nombreux acteurs (ONG, fonds d’investissement, bailleurs de fonds) s’interrogent ainsi sur les opportunités et les moyens de financer ces initiatives qui ont l’ambition de concilier impact social et modèle économique pérenne. Si le groupe finance et soutient déjà certains projets qui entrent dans ce périmètre, sa palette d’instruments financiers présente encore des limites pour accompagner certaines initiatives. Une étude a donc été diligentée afin d’acquérir une meilleure compréhension des enjeux et des besoins spécifiques du social business pour développer ensuite de nouveaux instruments financiers et de soutien adaptés aux pays d’intervention de l’AFD.

Madagascar abrite précisément de nombreuses initiatives de ce type.

90 initiatives et trois typologies de Social Business recensées

Le cabinet FTHM- Croisens auquel la réalisation de l’étude a été confiée, a mené un recensement à visée exhaustive des initiatives Social Business à Madagascar selon un critère volontairement ouvert : "est concerné tout projet dont la mission sociale est prioritaire et dont le modèle économique permet de tendre vers l’autonomie financière". Près de 90 projets ont ainsi été répertoriés et caractérisés selon trois typologies :

· Type 1 : Statut non lucratif (ONG/associations ayant une approche entrepreneuriale et disposant de fonds de donations)

· Type 2 : Statut hybride (ONG + Entreprise cumulant deux sources de revenus : une activité commerciale et des fonds publics/privés (donations, prêt et capital) )

· Type 3 : Statut lucratif avec mission sociale prioritaire (réinvestissement des bénéfices).

Les ONG et la microfinance en première ligne

L’analyse a fait ressortir différents éléments dont :

- le rôle important des ONG (à l’origine d’un projet de social business sur 2), la prédominance de la microfinance (1 projet sur 3),

- la diversité des trajectoires et des solutions imaginées par les entrepreneurs locaux pour gérer la tension entre l’objectif social prioritaire et la recherche de l’équilibre financier,

- l’évolution du statut entre non-lucratif et lucratif,

- le financement du développement de ces initiatives.

En complément, une étude de cas approfondie a été conduite sur un échantillon de 10 initiatives, ayant des missions sociales très diverses (insertion ou formation de personnes défavorisés, activités génératrices de revenus, préservation de l’environnement, accès à l’électricité, aux services financiers, à une assurance-santé, …). Cette étude a permis de mieux comprendre les besoins spécifiques de ce type d’organisation et de préciser la nature du soutien que les bailleurs publics peuvent leur apporter.

Des recommandations sur les outils techniques et financiers

Les recommandations préconisent de mieux soutenir les initiatives en place, à travers des actions directes telles que les subventions des phases R&D et Pilotes ainsi qu’un accompagnement juridique ; et indirectes notamment : l’abondement d’un fonds dédié au Social Business, un lobbying trans-sectoriel et le développement d’une garantie de portefeuille dédiée au Social Business.

Certaines de ces recommandations ont été reprises par le groupe de travail interne de l’AFD chargé de réfléchir à l’adaptation des instruments d’intervention (financiers et non-financiers) qui a remis récemment son rapport à la direction générale de l’AFD.

La matinée du 19 juin 2014 a ainsi été consacrée à la restitution de cette étude, en présence de Nicolas Vincent, chargé d’études (Département de la Recherche) de l’AFD. L’ensemble de l’équipe ayant contribué à l’étude (AFD et consultants) est intervenu pour présenter les principaux résultats et leurs conséquences opérationnelles. En outre, Serge Rajaonarison, directeur général de l’Institution de microfinance CECAM , a été invité à partager son expérience de la conciliation d’un objectif social avec l’autonomie financière dans le cadre d’un modèle mutualiste. L’échange avec le public, composé de nombreux porteurs de projets d’entreprenariat social, a permis de discuter et de mettre en perspective les principales conclusions de l’étude.

Pour télécharger la note synthétique, rendez vous sur le site internet de l’AFD : http://www.afd.fr/home/pays/afrique/geo-afr/madagascar

Dernière modification : 03/07/2014

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