Décoration de Mme Cécile Manorohanta (23.07.2003)

Allocution de M. l’Ambassadeur
A l’occasion de la remise des Insignes de Commandeur de la Légion d’Honneur
A Mme Cécile Manorohanta

23 Juillet 2009

Mesdames et Messieurs, Chers amis,

Nous sommes réunis ici, à la Résidence de France, pour honorer Mme Cécile MANOROHANTA en l’élevant à la dignité de commandeur de la Légion d’Honneur.
Cette distinction récompense une femme malgache au parcours tout à fait exceptionnel.

Universitaire de formation, Mme MANOROHANTA a occupé des postes de responsabilité importants comme celui de Chef du Département d’Etudes Françaises de la Faculté des Lettres et des Sciences en 1996 ou encore Doyenne de cette même faculté 2 ans plus tard. En 2002, elle intègre, en qualité de membre, la commission régionale d’experts de l’Agence Universitaire de la Francophonie auprès du bureau local de l’Océan Indien. Votre action en faveur de la francophonie y a été, je sais Madame, en tous points exemplaire. En 2006, elle accède à la direction de l’antenne malgache du Forum des Femmes Educatrices Africaines et est nommée présidente de l’université de Diego Suarez.

Mme MANOROHANTA entre au gouvernement en 2007 et est nommée vice-ministre de l’éducation nationale chargée de la recherche scientifique, poste qui correspondait à sa formation universitaire.

A priori, rien ne la prédestinait donc à devenir ministre de la Défense Nationale en octobre 2007, si ce n’est le fait d’être fille et femme de militaire. Je salue au passage son époux, le colonel Jean-Adolphe DOMINIQUE, membre du CMDN. Appelée par le Président Marc RAVALOMANANA, Mme MANOROHANTA prend la tête d’un ministère essentiellement masculin, la féminisation des forces armées se résumant à une quinzaine de médecins militaires. Femme de dialogue, toujours à l’écoute de ses subordonnés, elle mesure rapidement l’ampleur de la réforme que lui a confiée le président. N’écoutant que son courage, elle organise des groupes de travail chargés de définir un concept de défense et de proposer une restructuration en profondeur de l’appareil de défense malgache. Alors que ce projet de réforme prend corps, la crise politique du début d’année réduit à néant ce fastidieux travail , dont j’espère qu’il n’et pas tout à fait perdu et qu’il sera un jour repris.

Face à l’ampleur de la révolte et des violences qui l’accompagnent, Mme MANOROHANTA a toujours su garder une gestion humaine du conflit évitant l’escalade de la répression.

Femme de conviction, ne tergiversant pas sur ses principes moraux, elle sera la première à remettre sa démission au Président Marc RAVALOMANANA après la tuerie du 7 février à Ambohisorotra, ne voulant pas cautionner l’action de militaires tirant sur leurs concitoyens. Cette décision est unanimement saluée et mérite notre respect. Elle résume trois qualités essentielles qui vous caractérisent : votre fidélité à des vraies valeurs, votre foi dans Madagascar, votre franchise.

Depuis ce retrait de la vie politique, Mme MANOROHANTA a repris son poste de présidente de l’université de Diego.

Dans les différents postes qu’elle a occupés, elle aura été une partenaire fidèle, francophone et francophile, qui aura su rester fidèle aux valeurs de liberté que prône partout la francophonie dans le Monde.

Nous distinguons ainsi aujourd’hui une femme malgache qui a su mener de front une carrière professionnelle aux multiples facettes, universitaires et politiques, et une vie de mère de famille en charge de l’éducation de 2 filles, et qui demeure une référence pour ses paires.

Mme Cécile MANOROHANTA, au nom du président de la République Française, nous vous remettons les insignes de commandeur dans l’ordre de la Légion d’Honneur.

Dernière modification : 29/06/2011

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