Décorations de André Beaumont et Michel Pain (17.01.2012)

Discours prononcé par l’Ambassadeur de France à Madagascar à l’occasion de la remise de la Légion d’Honneur
à André BEAUMONT

17 janvier 2012 à 19 heures à la résidence de France

Très cher Président et Directeur Général de la Chambre de Commerce France-Madagascar, Cher Père Noël, Cher Ami, Cher André,

C’est pour moi une joie et un honneur que de vous recevoir aujourd’hui, en compagnie de vos amis et de vos collègues. Je vais comme il est de tradition retracer quelques étapes de votre carrière, pour expliquer à tous nos invités les raisons qui nous amènent à cette soirée mémorable et à la remise de cette décoration, oh combien méritée.

Vous êtes né à Reuilly, dans le département de l’Indre, au cœur de la Champagne berrichonne connue par ses plaines céréalières, son vignoble et la vallée verdoyante de l’Arnon. Je mentionne ce village, car il a certainement influencé votre parcours, il est la patrie de Marius Jacob, l’anarchiste qui a inspiré le personnage d’Arsène Lupin. C’est également une cité de gourmandise avec ses vins bien connus et ses spécialités gastronomiques comme le boudin ou la terrine aux lardons de Reuilly, On y devine donc déjà, chez André, l’origine de certaines rondeurs. Vous voyez, cher André comme nous avons creusé la question pour mieux comprendre les différentes facettes de votre personnalité !

Moins souriant, mai 1940 vous a vu naître. Eh oui, vous n’avez pas toujours choisi la facilité. C’est la bataille de France malheureusement perdue et l’arrivée au gouvernement britannique de Winston Churchill qui promet aux Britanniques « de la peine, du sang, de la sueur et des larmes ». L’on sait que cette promesse a été tenue pendant toute votre petite enfance.

Mais vous avez grandi, cette guerre s’est terminée. Vous avez dû faire votre service militaire dans une période là aussi difficile de 1960 et 1962 en Algérie. Peut-être avez-vous gardé de ces périodes cet amour de la paix, cette haine du conflit que nous vous connaissons bien, cette personnalité souriante mais qui sait, au besoin, s’indigner pour combattre l’injustice. Vous avez aussi connu des années studieuses dans votre région des Pays de Loire. Vous y avez appris la comptabilité et les techniques bancaires. Vous y avez fait fructifier votre honnêteté, vertu me semble t-il, innée chez vous. Vous ne vous êtes pas arrêté à tous ces Brevets professionnels : vous avez même suivi un cours à HEC sur « la création de Valeur pour l’Actionnaire ». Il me semble qu’en 2012 nombreux, notamment parmi nos grands banquiers, seraient ceux qui auraient intérêt à prendre des leçons sur ce sujet auprès de vous. Vous avez également, prévoyant déjà qu’à la CCIFM ce point serait essentiel, reçu une « formation de formateurs à la Gestion ». Il n’y a pas à dire : vous avez toujours été visionnaire.

Evoquons à présent votre vie professionnelle : jeune employé de Banque à la Société Générale, vous ne vous éloignez pas trop de votre région… et exercez à Nantes. Puis vous entamez une diversification et devenez chef comptable de la société S.E.R.E (Société d’Etudes et de Réalisations Electriques) à Vertou… dans la banlieue de Nantes.

A 30 ans, c’est l’appel du grand large et vous ne regarderez plus en arrière. Vous entrez à la SCOA vous y exercez comme détaché permanent en Afrique francophone, Contrôleur-comptable des filiales et Formateur des cadres à la gestion. Tout se tient dans votre carrière, et il fallait ce solide enracinement dans votre milieu d’origine, dans votre terroir, pour réussir sans hésitation ce parcours de perpétuel voyageur. En 1978 vous prenez, toujours pour la SCOA, mais en Côte d’Ivoire, la responsabilité du contrôle fiduciaire des filiales de la Sous-Région (Côte d’Ivoire, Niger, Burkina Faso, Togo, Bénin).

De plus en plus, vous allez augmenter votre responsabilité tout en réduisant votre territoire : de 1980 à 1983 vous prenez la Direction générale sur le territoire du Niger des filiales de la SCOA, la SONIDA (concession des automobiles Peugeot et Renault véhicule industriels) et celle du supermarché SCORE – 1 267 000 km2 pour 150 personnes, quelle efficacité !

Nouveau saut vers le sud en 1984 : le Cameroun (seulement 475 442 km2, mais 400 personnes). A la même passion pour les voitures et les supermarchés vous ajoutez le matériel industriel et agricole de la société Hamelle Afrique, et l’équipement de la maison et le froid industriel avec EQUIP.

Et enfin, ultime étape de vos pérégrinations, en 1990, vous voici à Madagascar (et pour ceux d’entre vous qui l’auraient oublié je mentionne que l’île compte 587 040 km2, André avait cessé de réduire la surface, il s’agit donc là d’une définitive stabilisation). L’ensemble des filiales du groupe ne comptait à cette date que 150 personnes mais vous les avez, en quelques années fait croître jusqu’à 400 qui semble sans conteste être devenu votre nombre fétiche. La SCOA Madagascar, bientôt « Caillé et CFAO », comprenait les filiales automobiles SICAM, SOCIMEX et AUSTRAL AUTO, une agence de voyages également tour opérateur et SME, c’est-à-dire Canal Satellite. Le pays vous a plu. Vous êtes resté à la tête de cette société pendant 16 ans, apprécié de vos clients comme du personnel de la maison. Nous avons tous pu constater les sourires et les bonnes manières de vos anciens collègues quand ils vous voient passer, représentant, dans la bonne humeur, les entreprises françaises et malgaches de la CCIFM sur un salon ou dans une ville de Province.

Et puis, André, à partir de 2006, vous auriez pu couler des jours heureux dans votre ville d’adoption, Royan, sur la côte de beauté, en taillant vos rosiers au printemps et à l’automne, et en regardant tranquillement s’épanouir vos enfants et pousser vos petits-enfants… mais votre personnalité active, peu tournée vers la contemplation, a préféré choisir de se consacrer bénévolement au développement de la Chambre de commerce et d’industrie France-Madagascar… et vous lui avez fait franchir en bien peu d’années le cap des 400 adhérents !

Vous étiez depuis 1999 déjà un membre actif de la section Madagascar des Conseillers du Commerce extérieur de la France, qui est à l’origine de la création de cette Chambre. Vous êtes maintenant, également et depuis 2009 le représentant de l’association française AGIR-abcd (qui sont les Retraités actifs bénévoles pour la coopération et le développement).

Cette Ambassade a sans cesse recours à votre soutien, pour les commissions du Consulat Général sur les sujets de sécurité, d’éducation, d’entraide sociale… Nous sollicitons aussi constamment vos appuis pour les activités du Service économique. J’en viendrais presque à soupçonner sur ce plan une connivence dépassant le cadre professionnel. Vous faîtes indéniablement partie de nos premiers interlocuteurs : en Afrique depuis 40 ans, au service de vos entreprises et de la France, vous honorez notre communauté depuis 20 ans à Madagascar et ceci devait être reconnu.

Les autorités malgaches, comme toujours en avance sur nous, avaient déjà en mars 1993 reconnu vos mérites et votre sens du dévouement en vous attribuant la distinction de Chevalier de l’Ordre national malgache.

J’ai le plaisir aujourd’hui de rendre hommage à votre honnêteté proverbiale, à votre ténacité, à votre humour, à la part importante que vous prenez pour que ces qualités soient reconnues comme françaises, à votre dévouement et à votre inlassable activité :

André Beaumont, au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous fais Chevalier de l’Ordre National de la Légion d’Honneur./.
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Discours prononcé par l’Ambassadeur de France à Madagascar à l’occasion de la remise des insignes dans l’Ordre National du Mérite à Maître Michel Pain.

Cher Maître,

C’est peu dire que vous êtes une personnalité française connue, respectée, influente. Aussi bien auprès de nos compatriotes qu’auprès de nos amis malgaches, grâce à votre profonde connaissance de ce pays, où vous êtes né. Vous faîtes partie, avec votre lignée, de ceux qui ont décidé d’aller porter haut et fort dans le monde les valeurs de notre République. Zanatany, vous participez à la construction de ce métissage unique des valeurs françaises et malgaches, au service de notre idéal universel. Vous faîtes partie de ceux qui ont décidé de ne jamais quitter Madagascar, y compris dans les moments les plus difficiles. C’est dans ces périodes d’incertitude, de tension, de crise politique, que Madagascar a malheureusement trop connu depuis 50 ans au détriment de son développement, que l’on reconnaît les vrais amis, les âmes fortes, les esprits tenaces que la difficulté ne rebute en aucune manière. Vous en faîtes partie. Je suis donc particulièrement fier de vous rendre hommage aujourd’hui.

On peut illustrer à quel point vous constituez un point d’articulation solide entre nos deux nations en rappelant d’abord que vous avez toujours exercé d’importantes fonctions à la Chambre de Commerce et d’Industrie France-Madagascar , la CCIFM, dont vous avez été depuis sa création le secrétaire général puis le vice-président.

Vous vous êtes donc particulièrement distingué dans ce domaine, ayant à cœur le développement de la présence économique française à Madagascar. Objectif que vous avez également poursuivi dans le cadre de l’International Chamber of Commerce.

Mais cela ne saurait faire oublier vos autres engagements, notamment en faveur du monde associatif, engagement dont le fil conducteur est l’altruisme, l’attention portée aux autres, l’humanisme. Ainsi, vous vous êtes investi dans un grand nombre d’associations, participant activement à leur fondation et à leur animation.

Mentionnons d’abord l’Union des Français de l’étranger, dont vous êtes l’un des membres fondateurs et dont vous avez assuré la vice-présidence pendant cinq ans. Evoquons aussi l’association des parents d’élèves du lycée français de Tananarive ou l’Association Française de Solidarité de Tananarive. Sans oublier que vous êtes de ceux qui ont été à l’origine de cette association consacrée à la mémoire qu’est Les Amis de Jean-Laborde.

Cher Maître, comment ne pas remarquer chez vous une fibre sociale particulièrement développée ? Votre investissement dans l’administration de la résidence sociale d’Antsirabe ou votre contribution assidue aux travaux du comité consulaire pour l’emploi et la formation professionnelle ne font que le confirmer.

Je rappellerai quelques étapes de votre parcours professionnel exemplaire :

En 1964, licence en droit en poche, vous intégrez l’école supérieure de commerce de Paris. Vous êtes également diplômé de la British Chamber of Commerce et de la Cambridge University.

Vous prêtez serment au barreau en novembre 1967 et vous exercez en qualité d’avocat près la Cour d’Appel de Madagascar jusqu’en 2006, date à laquelle l’honorariat vous est conféré. Vous êtes plus particulièrement spécialisé dans le droit des affaires, le droit commercial et le droit commercial international.

35 ans durant, vous avez été, à titre gracieux, l’avocat et le conseiller juridique de l’ambassade de France. Et pour faire bonne mesure, vous avez été pendant plus de trente ans, entre 1975 et 2006, Consul honoraire de Belgique. D’ailleurs, d’autres missions diplomatiques ont eu recours à vous : Etats-Unis, Italie, Suisse, Union européenne. Il faudrait mentionner aussi l’AFD, la Banque Mondiale, la SFI et le FMI.

Notons que la Belgique a tenu à souligner vos mérites en vous conférant le grade de Chevalier dans l’Ordre de la Couronne de Belgique et dans l’Ordre de Léopold. Les Comores vous ont fait Chevalier de l’Etoile de la Grande Comores. Vous êtes également Officier dans l’Ordre National Malgache.

Les affaires diplomatiques et consulaires sont un des moteurs de votre vie et de votre action publique. Les questions militaires ne vous sont pas non plus étrangères. Vous avez été l’avocat de la Légion étrangère et de la Marine nationale à Diégo Suarez de 1971 jusqu’à la fermeture de la base et le retrait des troupes françaises. Rappelons que vous avez été avocat-défenseur devant le tribunal militaire aux armées françaises en 1972 et 1973.
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Maître, votre contribution personnelle et professionnelle au service de la communauté française de Madagascar est remarquable. Cela avait été relevé en 1991 lorsque vous avez été fait chevalier de l’Ordre National du Mérite.

Très investi, sous différents aspects, à la défense de la communauté française et à sa promotion, vous avez toujours été, Maître, un interlocuteur précieux, de l’Ambassade et du consulat général. Ainsi, votre excellence professionnelle a toujours permis à la France de défendre efficacement ses intérêts dans un milieu juridique et judiciaire pourtant complexe.

Le rôle qui est le vôtre dans la relation franco-malgache, votre implication dans le réseau associatif font de vous une personnalité aux mérites hors du commun. Vous êtes un pont qui relie nos deux pays. Sans ce pont, constitué par des compatriotes français installés ici depuis plusieurs générations et qui ont décidé de construire leur vie dans ce magnifique pays, la relation malgacho-française n’aurait jamais pu être si durable et si intense .

C’est cela qu’a voulu souligner notre pays en vous conférant la distinction honorifique que je vais vous remettre.
Maître Michel Pain, au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous promeus Officier dans l’Ordre National du Mérite./.
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Dernière modification : 18/01/2012

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