Intervention de Jean-Marc CHATAIGNER, Ambassadeur de France à l’occasion des rencontres du réseau malgache de l’AEFE (14-15.10.2010)

Allocution de M. Jean-Marc CHATAIGNER, Ambassadeur de France à l’occasion des rencontres du réseau malgache de l’AEFE les 14 et 15 octobre 2010


Tananarive, le 14 octobre 2010

Je suis particulièrement heureux de recevoir ce soir à la résidence de France à l’occasion des rencontres du réseau malgache de l’Agence pour l’Enseignement du Français à l’Etranger les représentants de l’ensemble des acteurs du réseau AEFE. Un réseau qui est un outil fondamental de notre dispositif français. Un réseau dynamique et en évolution qui fait l’objet d’une attention toute particulière des responsables parisiens de l’AEFE (notamment de sa directrice Mme Anne Marie DESCÔTES) et de cette Ambassade.

Je tiens à saluer les présidents des conseils de gestion des établissements conventionnés qui ont fait le déplacement à Tananarive dans la perspective de la réunion qui se tiendra demain (vendredi 15) et portera essentiellement sur la vie scolaire, les relations administrations-enseignants-parents ; le « mieux travailler ensemble pour un meilleur enseignement au bénéfice des élèves » qui sont au cœur de nos préoccupations ».

Je salue aussi la présence des conseillers élus, représentants des français, Xavier DESPLANQUES et Jean-Daniel CHAOUI, qui témoigne de que notre réseau enseignement fait l’objet de l’attention de tous.

Je remercie celle des représentants des personnels et des syndicats qui témoigne de l’intérêt porté au dialogue, aux échanges ; indispensables à l’amélioration de notre réseau.

Enfin, je salue et je remercie pour leur engagement quotidien les responsables présents des établissements homologués qui participent au dynamisme du dispositif d’enseignement français à Madagascar.

La journée du 14 octobre a été l’occasion pour les responsables des écoles (homologués-conventionnés- établissement en gestion directe (EGD) de dialoguer ensemble.

La rencontre de cette année a accordé une place toute particulière (sans oublier bien sûr les dimensions administrative, gestionnaire, etc.) à la mise en œuvre de la réforme (réformes du collège et du lycée) et aux questions pédagogiques.

C’était la volonté de cette Ambassade et des responsables d’établissement de rappeler certains objectifs prioritaires : réussir la réforme pour un enseignement de qualité prenant en compte l’élève ; conduire ce dernier du Primaire au Baccalauréat en le préparant au mieux afin de réussir ses études professionnelles et/ou supérieures et former un citoyen responsable ; harmoniser (par le haut) les pratiques pédagogiques au sein du réseau ; répondre aux besoins et aux demandes d’éducation et d’enseignement français.

Je tiens à souligner l’importance que revêt pour nous la mise en place d’internats, lieux de vie et d’éducation, dans le réseau AEFE de Madagascar. Et je dois ici féliciter tous les acteurs pour ce qui a été et sera fait en ce sens : à Tananarive, à Diego Suarez, à Fianarantsoa, à Tuléar et depuis cette rentrée 2010 à Tamatave.

Le réseau de l’AEFE est un outil de coopération au sein de notre dispositif ; notamment dans le domaine de l’enseignement du et en français. Il sera sollicité et son concours sera précieux pour que se tiennent des Etats généraux du français à Madagascar qui pourraient prendre place en 2011.

Les échos qui me sont revenus des travaux des deux premières journées du séminaire de rentrée (primaire dès hier mercredi ; ensemble du réseau aujourd’hui) sont très positifs. Vos travaux ont été marqués par :

1. une réflexion renouvelée sur les stratégies de transmission du savoir et de son évaluation (les nouveautés pédagogiques du 1er degré au Lycée amènent les équipes pédagogiques et les personnels de direction, 1ers pédagogues de leur établissement, à reconsidérer leurs pratiques)

2. une attention toujours portée à la qualité de l’enseignement : il est remarquable de noter, que dans le contexte difficile que connaît Madagascar, TOUS nos établissements se sont engagés dans une démarche qualité (diversité des offres de formation, amélioration de l’orientation des élèves, évaluation des compétences et non plus seulement des connaissances etc.)

3. une réflexion sur le statut des langues : l’ensemble du réseau, les équipes pédagogiques, se sont fortement mobilisées pour donner une véritable place aux langues, cela aussi est remarquable :

  • du pays d’abord avec le Malgache (prenant en compte les malgachophones, et les non-malgachophones)
  • des langues européennes ensuite (anglais, espagnol, allemand, italien) avec la prise en compte du cadre européen de référence des langues, désormais standard de l’enseignement des langues
  • mais aussi de l’international avec la prise en compte du mandarin en cours (Tamatave) et en projet (Tananarive)
    La journée de demain, du 15 octobre, sera consacrée au réseau de nos établissements conventionnés. Elle réunira les acteurs, tous les acteurs des établissements conventionnés et de l’EGD. Cette rencontre était souhaitée, tant par les responsables des établissements, que par les enseignants ou les parents. Elle était aussi voulue par cette Ambassade. C’est une première et je ne doute pas qu’elle soit réussie.

    Quels objectifs ont été assigné à cette rencontre ?

    Que les acteurs se (re)connaissent mieux, parents, dont je salue l’engagement (bénévoles, enthousiastes, disponibles) pour faire vivre les établissements, Directeurs, principaux et proviseurs qui ont la charge administrative et pédagogique des établissements et sont les capitaines des navires de notre flotte AEFE…, enseignants, sans qui les établissements scolaires seraient des navires sans marins, sans cartes et sans destinations.

    Mieux se connaître, mieux vivre ensemble dans le réseau des établissements d’enseignement français. Avec des programmes, des modes de gouvernance, des contraintes aussi parfois, qui sont spécifiques à ce réseau ; que chaque acteur doit connaître et respecter.

    Ce moment d’échange sera important ; il sera d’abord un moment de dialogue. Le but est tout en tenant compte des spécificités des établissements, du contexte dans lequel ils se développent, de mettre en place un ensemble où les acteurs impliqués (et j’ai ici une pensée pour les enseignants résidents et notamment locaux) soient traités aussi « équilatéralement » que possible sur l’ensemble du territoire malgache.

    Nos établissements sont des établissements d’enseignement français mais ils sont installés à Madagascar. Il ne faut pas l’oublier. Il importe donc que soient connus et respectés les règles et droits qui s’appliquent localement ; notamment pour les personnels de droit local. Comme doivent être connus et appliqués les modes de gouvernance des établissements du réseau de l’AEFE.

    Mais cette (re)connaissance doit être le fait de tous. Il y a parfois eu des tensions, nous le savons. Elles n’ont jamais été graves mais il faut veiller à ce qu’elles ne s’exacerbent.

    Je veux ici reconnaître et souligner l’excellente qualité professionnelle des personnels enseignants, grâce :

  • à l’engagement des expatriés et résidents qui accompagnent tout au long de l’année les personnels recrutés locaux ;
  • aux deux académies partenaires (Orléans-Tours et La Réunion) et au service pédagogique de l’Agence qui contribuent à la mise en œuvre d’un plan de formation continue ambitieux par la mise à disposition d’inspecteurs pédagogiques
  • au bureau de l’inspection du 1er degré, encore installé à l’ambassade, où Agnès CARNEL et ses 2 « complices » conseillers pédagogiques réalisent un travail remarquable de formation et d’accompagnement au quotidien.

Il faut aussi prendre en compte les attentes, car il y a des attentes, des parents et des enseignants. Essayer de les satisfaire, par le dialogue, par une démarche de recherche-action, notamment pour ce qui concerne la gestion des ressources humaines. Je sais que nous pouvons compter pour conduire ce chantier sur la qualité des personnels de direction mis à disposition par l’Agence. Il faut que le réseau soit exemplaire dans le domaine de la gestion des personnels et des établissements. Et nos chefs d’établissement ont des prérogatives dans l’exécution de leurs missions qu’il convient de préserver pour qu’ils soient en situation de conduire au mieux leurs tâches, souvent difficiles.

Je tiens aussi bien sûr à souligner le formidable engagement des parents dans les conseils de gestion pour faire vivre les établissements de notre réseau à Madagascar. Je vous demande, chers présidents, de transmettre à tous les membres de vos bureaux mes remerciements pour leur engagement.

Gardons en mémoire que tous –parents, enseignants, administration- sommes dans une même équipe pour un même objectif : offrir le meilleur enseignement possible aux enfants qu’accueille notre réseau.

Pour conclure, et en vous priant de m’excuser d’avoir peut-être été un peu long dans ce kabary, je ne doute pas que ces deux journées participeront au renforcement :

  • de l’identité d’un réseau de l’AEFE plus fort et homogène à Madagascar :

    1. en généralisant par exemple un accueil de qualité en internat qui prend en compte la disparité de l’origine géographique des élèves de la grande île ; nous construisons une plus grande égalité des chances ; je sais que c’est un sujet qui tient à cœur de Xavier DESPLANQUES ,

    2. en intégrant la formation à la citoyenneté de nos élèves, nous contribuons à préparer notre futur, celui de Madagascar et de la France ;

    3. en accordant une place à l’éducation au développement durable, nous participons au présent de Madagascar et à la préparation de son futur ;

  • des échanges culturels entre la France et Madagascar. Il faut veiller à consolider les liens entre les établissements de l’AEFE et le réseau des Alliances françaises, nos instituts de recherche, notre Institut Français (IFAC) et les projets de coopération (notamment en appui à l’enseignement du Français à Madagascar).

    En Conclusion, soyons attentif à conduire ensemble les évolutions et le renforcement de notre dispositif dont tous s’accordent à reconnaître la richesse. Faisons en sorte que, comme le suggérait Philippe GEORGEAIS, mon Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle, que les réformes que nous engageons ne soient pas « comme une marmite qui bout et où rien ne cuit ». Les temps changent, j’en suis convaincu, et nous sommes à un tournant où les réformes prennent corps, s’adossent les unes aux autres, se renforcent mutuellement. J’aime assez cette métaphore de l’avion qui décolle pour symboliser les réformes et évolutions en cours. Lors de précédentes réformes, l’avion restait sur le tarmac, réacteurs vrombissant ou pas d’ailleurs. Aujourd’hui, l’avion de la réforme décolle. Il nous appartient qu’il ne décroche pas….

    Ces journées du réseau malgache de l’AEFE contribueront à la réalisation de nos objectifs.

    Je vous remercie encore, tous, pour votre engagement et votre travail et vous redis le plaisir que j’ai à vous accueillir ce soir à la Résidence de France.

    Et reprenant un mot qu’a eu ce matin notre Inspecteur de l’Education Nationale, Agnès CARNEL, je lève mon verre à un réseau qui « pétille »…

    Merci à tous

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    Intervention de Jean-Marc CHATAIGNER, Ambassadeur de France à l’occasion des rencontres du réseau malgache de l’AEFE les 14 et 15 octobre 2010 (PDF - 94.8 ko)

Dernière modification : 31/10/2012

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