Lancement du 1er colloque francophone d’anthropologie de la santé à Madagascar

Co-organisé par l’Ambassade de France, l’Institut Pasteur de Madagascar et l’Institut de Recherche pour le Développement, ce colloque, ouvert par l’Ambassadeur de France, Madame Véronique Vouland-Aneini lundi 14 mars, a pour but de rassembler les acteurs dans le domaine de la santé maternelle et infantile afin de contribuer à l’amélioration de la santé des femmes et des enfants à Madagascar.

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Où en est la recherche en matière de santé maternelle et infantile ? Comment façonner un programme adapté aux réalités et auquel le public adhère ? Chercheurs et professionnels de terrain vont décortiquer ces questions lors du premier colloque francophone de l’anthropologie de la santé qui se tient à l’IFM et à l’Institut Pasteur de Madagascar du 14 au 16 mars.

Contexte

Dans un contexte sanitaire où les populations ont des difficultés d’accès aux soins, où la mortalité maternelle et infantile demeure élevée, où la vie des femmes est souvent mise en jeu au cours de leur vie reproductive, où la malnutrition chronique, le paludisme et d’autres pathologies mettent en danger les enfants, les défis de l’anthropologie de la santé à Madagascar sont nombreux.

Organisé dans le cadre de la semaine de la langue française et de la francophonie cet événement ouvert au public et se déroule en deux temps, dans deux lieux différents : le premier jour, le lundi 14 mars, à l’Institut Français de Madagascar et les deux jours suivants, les 15 et 16 mars, à l’Institut Pasteur de Madagascar.

Mieux comprendre pour mieux agir

Visant à susciter une réflexion sur les enjeux anthropologiques de la santé des femmes et des enfants à Madagascar, le colloque doit permettre d’une part, de « faire un état des lieux des recherches en cours ou achevées à Madagascar » et d’autre part, de « faire émerger de nouvelles problématiques de recherche » dans la Grande Île, dans l’objectif d’améliorer la santé des femmes et des enfants à Madagascar.

Pourquoi une approche anthropologique du domaine de la santé ?

Champ de recherche encore peu développé à Madagascar, l’anthropologie de la santé étudie les représentations et les pratiques dans le domaine de la santé, de la maladie et du soin en prenant en compte le contexte global (politiques de santé, contexte social, culturel, économique, offre de soins, etc). Parler de santé du point de vue anthropologique c’est considérer les pratiques culturelles, les logiques des acteurs (malades, soignants, décideurs), les différents facteurs susceptibles d’influencer les choix des individus et des groupes sociaux en matière de santé et de recours aux soins. L’anthropologie de la santé est, plus qu’une science, une posture de recherche en santé, fondée sur une approche « holistique » qui permet d’interroger les différentes facettes des pratiques et des savoirs. C’est assurément un nouveau champ d’investigation à approfondir dans le pays.

Comme cela a été montré dans d’autres pays, l’anthropologie a toute sa place dans l’élaboration des programmes de santé. Ses apports peuvent être multiples : identification des obstacles à l’adhésion des populations aux programmes de prévention ou au recours au système de soins ; meilleure connaissance des habitudes en matière de santé, d’alimentation, d’hygiène ; identification des supports et des modes de communication susceptibles d’atteindre les publics visés par les programmes, etc. Face aux nombreuses maladies qui persistent dans la Grande Île et aux difficultés d’accès aux soins d’une grande partie de la population malagasy, il est nécessaire d’appréhender les problématiques de santé par une approche globale de l’ensemble des facteurs impliqués.

Les professionnels mobilisés

De nombreux intervenants, chercheurs et professionnels de terrain nationaux et internationaux venant de divers secteurs participent à cet événement. Cette rencontre a pour but d’interroger la place des femmes et des enfants dans le système de santé, les pratiques traditionnelles de soins, les relations soignant-soigné, l’usage des médicaments, les programmes de santé publique et leur appropriation par les communautés, l’accès aux soins, et de susciter les débats autour de ces sujets.

De nombreux soutiens

Co-organisé par l’Ambassade de France, l’Institut Pasteur de Madagascar et l’Institut de Recherche pour le Développement, ce colloque a reçu le soutien de nombreux partenaires engagés dans des actions de développement dont d’une part, l’appui financier de l’Agence Française de Développement (AFD), l’Institut Français de Madagascar (IFM), ainsi que l’Union Européenne (UE) ; l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), l’ONG PIVOT ; et d’autre part, l’appui technique de l’IRD, du Centre Population et Développement (CePeD), de l’Université Catholique de Louvain (UCL), de l’Université Catholique de Madagascar (UCM) ainsi que l’appui technique et financier de l’Institut Pasteur de Madagascar et de l’Ambassade de France.

Le programme thématique

Lundi 14 mars – Institut Français de Madagascar
Panel 1 : Enfance et soins domestiques
Panel 2 : Posture anthropologique et réflexivité
18h-19h : Conférence grand public : Socio-anthropologue des politiques publiques : la revanche des contextes – Jean-Pierre Olivier de Sardan

Mardi 15 mars à l’Institut Pasteur de Madagascar
Panel 3 : La santé des femmes au prisme des systèmes de soins
Panel 4 : Culture, soins et santé publique
Panel 5 : Structures de soins et relations soignants-soignés

Mercredi 16 mars à L’Institut Pasteur de Madagascar
Panel 6 : Offres thérapeutiques et usages pluriels
Panel 7 : Politique publiques de santé et réalités du terrain : une certaine cohérence ?

Pour télécharger le programme du colloque, cliquez sur ce lien (Pdf - 464 Ko)

Dernière modification : 05/04/2016

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