Le commerce bilatéral France-Madagascar en 2018

Au cours de la dernière décennie, les échanges commerciaux France-Madagascar ont doublé (+107%) pour quasiment atteindre le milliard d’euros en 2018 (999 M€), tandis que notre déficit commercial a plus que triplé depuis 2015 (-258 M€ en 2018 soit notre 39e déficit). Madagascar est notre 76e client et le 9e en Afrique Subsaharienne (371 M€ d’exportations). La Grande Ile est par ailleurs notre 63e fournisseur et le 4e en Afrique Subsaharienne (629 M€ d’importations). Pour Madagascar, la France reste son 1er client historique et l’un de ses premiers fournisseurs (3e position en 2018 selon les douanes malgaches).

Le commerce bilatéral progresse modérément en 2018 et notre déficit commercial diminue

Les échanges commerciaux entre la France et Madagascar ont progressé de 107% sur la dernière décennie (2009-2018), au cours d’une période marquée par la crise politique de 2009, qui avait brièvement fait reculer le commerce bilatéral. Ce dernier a fortement augmenté de 2009 à 2016, passant en sept ans de 482 M€ à 796 M€ (+65%), puis le volume de nos échanges a encore progressé de 22% en un an en 2017. Atteignant actuellement le milliard d’euros (999 M€), le commerce bilatéral a néanmoins peu progressé en 2018 (+2,6%).

Durant la dernière décennie, le solde commercial s’est nettement dégradé pour la France, passant d’une situation de quasi-équilibre (-28 M€ en 2008) à un déficit commercial prononcé (-258 M€ en 2018), qui a plus que triplé en trois ans (-76 M€ en 2015). En 2018, nos importations ont crû moins rapidement que nos exportations (+1% contre +5%), entraînant une légère baisse de notre déficit commercial (-4%). Le taux de couverture (exportations/importations) atteint actuellement 59%.

Nos exportations ont légèrement augmenté de 5% et la structure de nos ventes se maintient

En 2018, nos exportations vers Madagascar ont connu une légère embellie de 5% pour atteindre un montant de 371 M€, dans un contexte favorable pour l’économie malgache – alternance du pouvoir apaisée suite à l’élection présidentielle de novembre et décembre 2018 et un taux de croissance du PIB estimé à 5% selon le FMI pour l’année 2018. La structure de nos exportations n’a pas évolué en 2018 : cinq grandes catégories représentent près de 80% de nos ventes comme en 2017. Il s’agit du « textile, habillement, cuir et chaussures » (110 M€, 30% du total exporté), des « équipements mécaniques, électriques et électroniques » (87 M€, 24%), des produits des industries agrolimentaires (41 M€, 11%), des produits pharmaceutiques (27 M€, 7%) ainsi que des « produits chimiques, parfums et cosmétiques » (24 M€, 6%).

Concernant les tendances, les deux premières catégories citées ont affiché une croissance significative en 2018 (respectivement +15% et +9%). En revanche, les trois suivantes ont connu une baisse substantielle. C’est ainsi le cas de nos exportations de produits agroalimentaires, en baisse de 10% en 2018 (-5 M€) après une forte hausse de 32% en 2017. Dans cette catégorie figurent notamment nos ventes d’aliments destinés aux fermes d’élevage de crevettes (produits à la Réunion), qui ont accusé une forte baisse en 2018 (-25%). Par ailleurs, nos exportations de produits pharmaceutiques (-8%) et de « produits chimiques, parfums et cosmétiques » (-2%) ont baissé en 2018.

En ce qui concerne l’appareil exportateur, près de 80% de nos exportations vers Madagascar en 2017 se sont concentrés dans les PME (168 M€, soit 48% du total exporté) et les ETI (113 M€, 32%), loin devant les grandes entreprises (44 M€, 12%).

Nos importations affichent une légère augmentation de 1%, en dépit de la baisse des achats de produits de rente

En 2018, nos importations de produits malgaches ont atteint un montant record de 629 M€, malgré une faible hausse de 1% par rapport à 2017. Nos achats de produits malgaches continuent à se concentrer sur trois catégories représentant à elles seules plus de 90% du total importé par la France. En 2018, les « produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture » restent le premier poste d’importation (242 M€, 39% du total importé), devant le « textile, habillement, cuir et chaussures » (184 M€, 29%), tandis que les produits des industries agrolimentaires se classent en 3e position (147 M€, 23%).

En termes de tendances, le fait notable de 2018 est la baisse de nos achats de produits du secteur primaire (-6,3%), après une très forte progression de 2017 (+73%). Néanmoins, la demande française pour ces produits a quasiment triplé en valeur depuis 2016. Cet ensemble nommé « produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture » inclut notamment tous les produits de rente exportés par Madagascar : vanille, girofle, cacao, café vert et poivre. Le plancher atteint par les prix de la vanille en 2018 – dont la Grande Ile reste le 1er exportateur mondial – explique ainsi pour une bonne part le coup d’arrêt observé dans cette catégorie. Ainsi, nos importations du sous-ensemble « plantes à épices, aromatiques, médicinales et pharmaceutiques » - dans lequel figure la vanille - ont accusé une légère baisse en 2018 (-1%) pour atteindre 213 M€.

Parmi les autres grandes catégories, nos importations de produits agroalimentaires affichent une légère croissance en 2018 (+4%), illustrée par la hausse modérée de nos achats de préparation et conserves à base de fruits et légumes (27 M€, +3%). Par ailleurs, nos achats de « textile, habillement, cuir et chaussures » – 2e poste d’importation – ont augmenté en 2018 (+8%).

Certains territoires français restent particulièrement impliqués dans les échanges bilatéraux

En 2018, Auvergne-Rhône-Alpes reste la première région française exportatrice vers Madagascar (101 M€, 27% du total exporté), légèrement devant l’Ile-de-France (89 M€, 24%) et la Normandie (56 M€, 15%). La région Provence-Alpes-Côte d’Azur est devenue la principale région importatrice (142 M€, 23% du total importé), juste devant l’Ile-de-France (135 M€, 21%), les Hauts-de-France (18%) et Auvergne-Rhône-Alpes (10%).

S’agissant de l’Outre-Mer, les exportations de la Réunion vers Madagascar ont atteint 14,6 M€ en 2018 (en forte baisse de 31%, soit 4% des exportations réalisées par la France) et poursuivent la même tendance par rapport à l’année précédente (-5%). Ceci s’explique essentiellement par la forte baisse de nos ventes de produits d’alimentation animale (aliments destinés aux fermes d’élevage de crevettes à Madagascar). Quant à Mayotte, ses exportations vers Madagascar sont très modestes avec un montant de 281 K€ en 2018, ce qui correspond néanmoins à une augmentation en valeur de 66%.

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Dernière modification : 09/09/2019

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