Le commerce exterieur de Madagacar

Les échanges commerciaux de Madagascar ont atteint 5,7 Mds EUR en 2018, en légère hausse de 3% par rapport à 2017. Le déficit commercial s’est creusé de 6% passant de 652,5 MEUR à 691,3 MEUR dans un contexte de quasi-stagnation des exportations notamment de la vanille et du girofle (+2,5%, 2,5 Mds EUR) alors que les importations continuent de s’accroître légèrement (+3,2%, 3,2 Mds EUR). Les importations de matières premières (+10,8%) et de biens d’équipement (+5,1%) continuent d’augmenter. Globalement, la Chine est le 1er fournisseur de la Grande Île en 2018 et les Etats-Unis son 1er client. La France, 3e fournisseur de la Grande Île, voit sa part de marché légèrement augmenter (7% contre 6,9% en 2017). Elle est devancée par les Emirats Arabes Unis (11,6%) et reste loin derrière la Chine (22,2%). En 2018, la France n’est plus le 1er client de Madagascar (20,5% des exportations malgaches, en baisse de 2,8 points par rapport à 2017), légèrement devancée par les Etats-Unis (21,9% de parts de marché contre 19,2% en 2017) mais loin devant l’Allemagne (7,3%).

Un léger creusement du déficit commercial en 2018
Les importations ont peu augmenté (+3,2 % à 3,2 Mds EUR) sans que la hausse des exportations n’arrive à les compenser (+2,5% à 2,5 Mds EUR en 2018). Le déficit commercial malgache s’est légèrement accru par rapport à 2017 (+2,5%).

Les exportations malgaches se concentrent autour de quelques familles de produits.

L’année 2018, durant laquelle les ventes de produits malgaches ont peu augmenté (+2,5%), ne fait pas exception. Ainsi, la vanille (605 M DTS) conserve la 1ère place des produits exportés par Madagascar en 2018 devant les exportations de matières textiles (357 M DTS) et le nickel, qui conserve en 2018 sa 3ème place pour 302 M DTS exportés.

Les exportations de produits agricoles

En hausse de 9,8% en 2018 (de 984 à 1,08 Mds USD), les produits agricoles ont représenté 35,6% des exportations totales dont 28,2% pour la seule vanille (contre 24,2% en 2017), 6,2% pour le girofle (8,7% en 2017) et 1,2% pour d’autres produits (cacao, sucre, poivre, café). La production malgache de vanille représente chaque année en moyenne environ 80% de la production mondiale. Les principaux problèmes identifiés par les acteurs de la filière sont : une multitude d’intervenants et d’intermédiaires entraînant la forte segmentation du secteur, la faiblesse des aspects de gestion financière et de recherche et développement, les défaillances en matière de traçabilité, de fortes spéculations sur les prix ainsi que l’insécurité.

Après une forte augmentation en 2017 (+72%), la hausse des ventes de vanille a ralenti en 2018 (+23,7%, de 692 à 857 MUSD). Entre 2016 et 2017, on observe une flambée des prix de cette épice (+244% en 2016 puis +69% en 2017) causée par les phénomènes de spéculation se manifestant notamment par la recrudescence des pratiques de stocks illicites et fausses déclarations. En 2018, la hausse des prix de la vanille à l’international est moins prononcée (+7%). Madagascar reste le premier exportateur mondial de vanille avec environ 60% de parts de marchés en 2018, loin devant la France (près de 7%) et l’Indonésie (environ 5%).

La valeur des exportations de girofle a fortement baissé (-34,7% en 2017, en grande partie à destination de Singapour et de l’Inde) du fait d’une baisse considérable du volume exporté (-31,5% en 2018)1 dans un contexte de volatilité des prix sur le marché mondial. Madagascar est le 1er exportateur mondial de girofle en 2018 (31% des parts de marché)2 et le 2ème producteur mondial (40%) derrière l’Indonésie.

Les exportations de matières textiles

Passant de 554 à 505 MUSD, les exportations de matières textiles représentent 16,6% (contre 19,4% en 2017) du total exporté en 2018. Les ventes dans ce secteur ont diminué de 8,9% en valeur en 2018, principalement en raison de la diminution des exportations vers l’UE (France, Allemagne, Royaume-Uni, Belgique et Espagne). Depuis la réintégration de Madagascar parmi les pays bénéficiaires de l’AGOA en juin 2014 et le prolongement de l’AGOA pour dix ans, promulgué par le Congrès américain en juin 2015, de nombreux investisseurs dans le secteur textile se sont implantés dans la Grande Île. La valeur des exportations malgaches entrant dans le cadre de l’AGOA a significativement progressé entre 2017 et 2018 (+25,4%).

Les exportations de produits miniers

Les principaux produits miniers représentent le quart des exportations et renforcent leur prépondérance à la faveur d’une remontée des cours mondiaux des matières premières. La mine d’Ambatovy, produisant le nickel et le cobalt malgache, n’a pas encore atteint son régime de croisière (capacité de production de nickel : 60 000 tonnes/an, cobalt : 5 600 tonnes/an).

Malgré une baisse du volume des ventes, la valeur des exportations de nickel malgache augmente de 15,3% en 2018 grâce à la hausse des cours mondiaux – passant de 371 à 428 MUSD. Cette évolution est consécutive au boom des ventes de véhicules électriques sur le marché mondial. En 2016, le cours international du nickel avait atteint son plus bas niveau depuis une quinzaine d’années en raison la baisse importante de la demande chinoise, avant qu’une reprise soit observée en 2017. Le prix de la tonne de nickel a augmenté de 10 315 $ en 2017 à 13 145 $ en 2018.

Après un doublement des recettes en 2017, la valeur des exportations de cobalt poursuit sa progression en 2018 (+32%, de 172 à 227 MUSD) en raison du renchérissement significatif des cours mondiaux. Egalement produit par Ambatovy le cobalt atteint 7,5% du total exporté (contre 6% en 2017) et son volume a légèrement baissé de 7%. Le volume exporté continue à se contracter entre 2017 et 2018, passant de 3 062 t à 2 847,4 t. Le prix de la tonne de cobalt est passé de 55 067 $ en 2017 à 79 485,7 $ en 2018. Baissant de 86 à 80 M DTS, les autres minerais (titane, chrome, zirconium, graphite, ilménite) totalisent 3,8% des exportations en 2018 contre 4,2% l’année précédente.

Entre 2017 et 2018, les exportations d’or ont augmenté de 10% (de 86 à 95 MUSD) pour 3 tonnes d’or exportées, signe de la poursuite des réformes mises en œuvre à travers l’Agence nationale de la filière or (ANOR), mise en place en 2015.

Les exportations de produits de la pêche

En 2018, les produits de la pêche (dont les exportations de crevettes représentent environ 30% du total) représentent en valeur près de 3,1% du total exporté (contre 4,2% en 2017), en forte diminution de 22,9% (de 120 à 93 MUSD). Le volume exporté a baissé de 11%, passant de 4175 t à 3727 t. La filière est en difficulté en raison de la surexploitation des ressources halieutiques menant à l’épuisement progressif des ressources dans plusieurs zones de pêche, ainsi que des conséquences d’épidémies de white spot.

Les importations de matières premières


La valeur des importations malgaches a légèrement augmenté en 2018 (+3,2%). Les matières premières importées conservent leur 1ère place au classement avec 18,8% du total importé (contre 17,6% en 2017), passant de 649 à 720 MUSD (+10,8%).
Ces importations de matières premières correspondent essentiellement aux besoins d’intrants de la mine d’Ambatovy (charbon, phosphate, calcaire).

Les importations de biens d’équipement

En deuxième position, les importations de biens d’équipement (18,1% du total en 2018) progressent par rapport à 2017 (+5,1%, de 660 à 693 MUSD). Cela s’explique notamment par la hausse des importations de véhicules pour le transport de marchandises, les véhicules à usages spéciaux (dépanneuses, camions-grues), les engins mécaniques (bulldozers, niveleuses…) mais également les groupes électrogènes. Certaines réformes de l’administration, notamment la dématérialisation des procédures de dédouanement de véhicules importés1 ont également stimulé ces importations.

Les importations des zones franches

Les importations des zones franches malgaches continuent à dépendre fortement de l’extérieur, vu la progression de 10,3% de la valeur importés en 2018, passant de 543 à 600 MUSD. Ceci s’explique par une hausse des prix des intrants de 18,9% est constatée entre 2017 et 2018. Elles représentent ainsi 15,7% des importations totales en 2018 contre 14,7% en 2017.

Les importations de biens de consommation

En 4ème place (15,6% du total importé), les achats de biens de consommation enregistrent une hausse relative de 557 à 598 MUSD (+7,2% en valeur par rapport à 2017). L’abaissement des droits de douanes sur les produits textiles et articles de friperie, entrant dans le cadre de l’application des Accords de Partenariat économique (APE) avec l’Union Européenne, explique cette évolution.

Les importations d’hydrocarbures

Passant de la 6ème à la 5ème place en 2018, les importations du secteur énergie sont surtout composées des hydrocarbures. Ces importations incompressibles ont augmenté de 12,7% en valeur de 487 à 548 MUSD. Ceci s’explique par la hausse de la facture pétrolière – le cours moyen du baril de Brent importé est passé de 76,8 $ à 97,7 $ entre 2017 et 2018. Elles représentent 14,3% du total importé (13,2% en 2017).

Les importations de biens alimentaires

Les importations de biens alimentaires reculent de la 3ème à la 6ème place (13,8% du total importé) en 2018, passant de 565 à 529 MUSD. Cette tendance baissière (-6,4% en 2018) s’explique par une baisse globale des prix et des volumes des principaux produits alimentaires importés par Madagascar notamment l’huile, le blé et le sucre. Parmi ces biens alimentaires, le riz importé a légèrement augmenté en volume (+2,5%) – atteignant un volume record de 605 818 tonnes – et en valeur entre 2017 et 2018, passant de 244 à 252 MUSD (+3%). Cette hausse – triplement en valeur entre 2016 et 2018 soit +173,8% – s’explique en particulier par la hausse des prix locaux suite à la sécheresse – néfaste pour la campagne rizicole – mais également par la détaxation par le précédent gouvernement du riz importé entrant à Madagascar pour permettre aux opérateurs de le revendre à un moindre coût sur le marché local. Les importations de riz concentrent en 2018 près de la moitié de la valeur des importations de produits alimentaires (47,6%), principalement en provenance du Pakistan (240 886 t) et l’Inde (207 915 t).

Si la moitié des exportations malgaches restent orientées vers l’UE, la Chine confirme sa place de 1er fournisseur et les Etats-Unis redeviennent le 1er client de Madagascar

Les principaux clients de Madagascar

En 2018, 49,6% des exportations malgaches se sont dirigées vers l’UE (+1,2 points par rapport à 2017), 15,8% vers l’Asie émergente et en développement (-2,3 points) et 8,7% vers l’Afrique (-0,2 point). Selon le FMI, les Etats-Unis deviennent le premier client de Madagascar en 2018 devant la France qui était son premier client historique. La part de marché des Etats-Unis augmente en 2018 (21,9% des exportations malgaches, +2,7 points par rapport à 2017), en raison du dynamisme retrouvé du secteur textile depuis la réintégration de Madagascar dans l’AGOA en 2015.
La France absorbe 20,5% des exportations malgaches, avec une part en relative baisse (-2,8 points par rapport à 2017). La valeur des exportations vers la France a plus que triplé durant la dernière décennie (+259%), notamment grâce aux exportations malgaches de vanille, de crevettes et de produits textiles. A la 3ème place, l’Allemagne progresse peu (7,3% des exportations malgaches, -0,1 point) et devance légèrement le Japon (7,2% des exportations malgaches, +6,1 points) qui profite d’une hausse significative des exportations malgaches de nickel. Par conséquent, la Chine régresse d’une place au classement en 5ème position avec 5,2% des exportations malgaches, en raison d’une diminution des exportations de minerais malgaches. Les Pays-Bas passent quant à eux en 6ème position (5,1% des exportations malgaches, +1,1 points), grâce aux achats de cobalt et de vanille malgaches.

Les principaux fournisseurs de Madagascar

Du côté des fournisseurs, les parts de marché produits français ont représenté 7% du total importé par Madagascar en 2018, stagnant par rapport à l’année précédente mais gagnant une place par rapport à 2017. La Chine reste le premier fournisseur de Madagascar. Les importations malgaches en provenance de la France sont en légère hausse de 0,1 point par rapport à 2017. La 2ème place est toujours occupée par les Emirats Arabes Unis, d’où Madagascar importe une grande partie de ses hydrocarbures (+16 places au classement depuis 2009, 11,6% des exportations malgaches, +3,7 points par rapport à 2017).

Les parts de marché des produits chinois importés augmentent légèrement en 2018 (22,2% des importations, soit +0,6 point par rapport à 2017) grâce aux importations de matériels et machines électriques, de matières textiles et de véhicules automobiles. Viennent ensuite l’Inde (6,8% des importations malgaches concentrées notamment dans les céréales et les produits pharmaceutiques) et l’Afrique du Sud (6% des importations malgaches concentrés autour des combustibles minéraux comme la houille, l’huile de pétrole ou le goudron). Après leur progression notable due aux importations massives de riz en 2017, le Pakistan et le Koweït restent respectivement en 6ème et 7ème position en 2018 tandis que l’Égypte entre dans le top 10 des fournisseurs grâce aux importations malgaches de produits de minoterie (malt, amidons, fécules, etc.). Globalement, selon les données du FMI la Chine redevient en 2018 le 1er partenaire commercial de Madagascar avec un volume d’échanges de 995,4 MUSD devant la France (873,6 MUSD) et les Etats-Unis (755,4 MUSD).

Dernière modification : 03/09/2020

Haut de page