Le commerce exterieur de Madagacar en 2016

Les échanges commerciaux de Madagascar ont atteint 4,8 MdsEUR en 2016, en baisse de 1% par rapport à 2015. Le déficit commercial s’est réduit de 30% à 630,4 MEUR, dans un contexte d’accroissement des exportations (+5,5%, 2 MdsEUR) tirées par les ventes de certains produits agricoles comme la vanille et la girofle et d’une inversion à la baisse de la tendance suivie par les importations (-5,5%, 2,7 MdsEUR). La France, 2e fournisseur, voit sa part de marché en légère augmentation (6,9% contre 6,1% en 2015), mais reste loin derrière la Chine (21,2%). Notre pays demeure le 1er client de Madagascar (21,5% des exportations malgaches) suivi par les Etats-Unis dont la part a augmenté (12,8% contre 10,8% en 2015) suite à la réintégration de la Grande île dans l’AGOA en 2015.

1- En hausse jusqu’en 2015, le commerce extérieur a toutefois connu une baisse en 2016

La période 2007-2016 se caractérise par un accroissement des échanges de Madagascar (+38%), malgré un ralentissement durant la crise politique de 2009 à 2013. Durant ces années dites de « transition », marquées par un isolement politique et économique (départ des bailleurs de fonds, perte des avantages commerciaux préférentiels de l’African Growth and Opportunity Act), le commerce s’est redressé lentement à partir de 2011. En outre, des faiblesses structurelles (morosité du climat des affaires, insécurité juridique et fiscale, déficit d’infrastructures) continuent d’entraver le développement des échanges et notamment des exportations. Toutefois, le rebond des échanges constaté entre 2014 et 2015 s’est maintenu en 2016. En effet, grâce à la réintégration du pays dans l’AGOA, les exportations de confection textile ont sensiblement augmenté. Par ailleurs, la conjoncture favorable aux ventes de certains produits agricoles comme la vanille (+100% en 2016) a compensé partiellement la baisse des exportations de produits miniers (Nickel, Cobalt) qui sont en recul (-26% et -13%) en raison de la baisse des cours mondiaux. De grandes manifestations internationales organisées à Madagascar en 2016, notamment le Sommet des chefs d’Etats de la COMESA et le 16ème Sommet de la Francophonie ont stimulé les importations de biens de consommations (+16,4% en 2016) mais n’ont pas été suffisant pour freiner la tendance baissière des importations (- 5,5% à 2 Mds EUR). Face à une légère croissance des exportaions (+5,5% à 2,7 MdsEUR), il en résulte une réduction de 1% du déficit commercial de Madagascar.

2- Les exportations malgaches sont concentrées autour de quelques familles de produits

En 2016, le textile qui joue un rôle moteur et stabilisateur sur le commerce extérieur malgache a retrouvé la 1ère place des produits exportés par Madagascar. Les exportations de confection textile avaient occupé cette place jusqu’en 2013, avant d’être détrônées par le Nickel en 2014 et 2015. Le textile, essentiellement produit par des entreprises opérant sous le statut franc et bénéficiant à ce titre d’exonérations fiscales, représente désormais 23% (contre 19% en 2015) du total exporté. Ces ventes ont en effet progressé de 15,2% en valeur en 2016. Depuis la réintégration de Madagascar parmi les pays bénéficiaires de l’AGOA en juin 2014, les exportations textiles ont repris vers les Etats-Unis. Malgré des débuts timides, le prolongement de l’AGOA pour dix ans, promulgué par le Congrès américain en juin 2015, a permis d’attirer davantage d’investisseurs dans le textile à Madagascar.

En revanche, après une montée en puissance entre 2012 et 2015, les exportations de Nickel ont connu en 2016 un essoufflement, notamment en raison de la baisse des cours mondiaux. Ainsi, après avoir occupé le premier rang des produits exportés par Madagascar en 2014 et 2015, le Nickel se trouve désormais à la 2ème place avec 18% du total exporté (25% en 2015). Le Nickel est produit par la mine d’Ambatovy - fruit d’un partenariat entre le canadien Sherritt, le japonais Sumitomo et le coréen KORES. En 2016, le cours du Nickel a atteint son plus bas niveau depuis quinze ans, principalement à cause de la baisse importante de la demande chinoise. Ainsi, les ventes de Nickel malgache ont fortement chuté (-26,9% en valeur et - 11% en volume). A noter que le Cobalt - également produit par Ambatovy – est en recul de 13% en valeur en 2016 (-3% en volume) et atteint désormais 8% du total exporté. Les autres minerais (titane, chrome, zirconium, graphite, ilménite) totalisent 3% des exportations. Au total, les produits miniers représentent encore un peu moins du tiers des exportations et pourraient renforcer leur prépondérance à la faveur d’une remontée des cours mondiaux des matières premières. En outre, la mine d’Ambatovy (près de Tamatave, dans l’est du pays) n’a pas encore atteint son régime de croisière (capacité de production de Nickel : 60 000 tonnes/an, Cobalt : 5 600 tonnes/an). Il en va de même pour le projet d’extraction d’ilménite et de zirconium mené par QMM (société détenue à 80% par Rio Tinto) à proximité de Fort-Dauphin (sud-est du pays).

En 2016, les produits agricoles ont quant à eux représenté 26% des exportations dont 18% pour la seule vanille (contre 9% en 2015), 6,8% pour le girofle (7,3% en 2015) et 2% pour d’autres produits (cacao, sucre, poivre, café). La production malgache de vanille représente chaque année environ 80% de la production mondiale. Comme en 2015, les ventes de vanille ont doublé en valeur (+100%) en 2016. Depuis 2015, on assiste en effet à une flambée des prix de cette épice (+60% en 2015, +246% en 2016) causée en partie par un phénomène de spéculation. Par ailleurs, la production mondiale de vanille s’inscrit dans une tendance baissière depuis 2010 (baisse de production de l’Inde et de l’Ouganda) alors que la demande est en hausse de 5%/an en moyenne. En 2016, l’épuisement des stocks chez les négociants malgaches a engendré une forte hausse de prix, alors même que la quantité exportée a reculé de 41%. Malgré une augmentation des volumes de 3%, les exportations de girofle – la production malgache représente 40% de la production mondiale - ont enregistré une baisse de 7% en valeur, du fait de la baisse des cours mondiaux.

Enfin, parmi les produits de la mer, les exportations de crevettes (provenant principalement des entreprises franches) représentent près de 4% du total exporté (3% en 2015) soit une hausse de 30% en valeur en 2016. La crevette malgache a acquis au fil des années divers labels de prestige (label Rouge, label bio AB) sur les principaux marchés d’exportation (France, Portugal et Espagne).

3- Les importations sont diversifiées et leur structure est en pleine évolution

La structure des importations a évolué par rapport à celle observée ces dernières années. Les matières premières restent au premier rang en 2016 avec 20,5% du total importé (21,3% en 2015) et correspondent essentiellement aux besoins d’intrants de la mine d’Ambatovy (charbon, phosphate, calcaire). Les biens de consommations se hissent à la 2ème position (3ème position en 2015) et représentent 14,9% du total importé (13% en 2015). Ceux-ci ont connu une hausse de 16,4% en valeur en 2016. Madagascar a en effet accueilli plusieurs grands rendez-vous internationaux en 2016, notamment le Sommet des chefs d’Etats de la COMESA et le 16ème Sommet de la Francophonie, ce qui a eu un impact direct sur l’augmentation des importations de cette catégorie. Les biens d’équipements (14,4% du total) restent à la troisième position depuis la fin des grands travaux miniers. Alors que les volumes ont augmentés de 9%, la facture des produits énergétiques recule en 4ème position avec 14% du total importé en 2016 (16% en 2015). Ces importations ont baissé de 12% en valeur, du fait de la baisse du prix du pétrole. Enfin, les achats de produits alimentaires (11% du total importé) enregistrent une hausse de 11% en valeur par rapport à 2015. Cette tendance s’explique par une augmentation des prix des principaux produits alimentaires importés par Madagascar, notamment l’huile, le riz et le sucre.

A noter enfin que les zones franches réalisent 30% des exportations malgaches (dont les trois quarts dans le textile) et 18% des importations, jouant ainsi un rôle majeur dans le commerce extérieur.

4- Les exportations malgaches demeurent orientées vers l’UE et notamment la France, tandis que la Chine confirme sa place de 1er fournisseur

En 2016, 44,6% des exportations malgaches se sont dirigées vers l’UE (-0,4 points par rapport à 2015), 12,6%, vers l’Asie émergente et en développement (-1,7 point) et 7,9% vers l’Afrique (+0,2 point). Selon le FMI, la France demeure le premier client historique de Madagascar en absorbant 23,5% des exportations malgaches, avec une part en légère augmentation (+3,4 points par rap. à 2015 ; -11,9 points et +15% en valeur sur les dix dernières années). La part des Etats-Unis progresse (12,8% des exportations malgaches, +2 points par rap. à 2015), notamment grâce à la réintégration de Madagascar dans l’AGOA. Quant à l’Allemagne, elle absorbe désormais 8,3% des exportations malgaches (+2,5 points par rap. à 2015), devançant la Chine (6,3% des exportations malgaches, -0,3 points) et les Pays-Bas (4,3% des exportations malgaches, -2,4 points). Malgré un recul dans le classement des principaux clients, le Japon a absorbé 5% des exportations malgaches (-0.3 point par rap. à 2015).

Du côté des fournisseurs, les exportations françaises ont représenté 6,9% du total importé en 2016 (+0,9 point par rap. à 2015 mais -3,9 points et -24% en valeur sur les dix dernières années). La France se positionne au 2ème rang des fournisseurs, loins derrière la Chine qui représente désormais 21,2% des importations (+1,5 point et +32% en valeur depuis 2007). Viennent ensuite l’Inde (6,5% des importations malgaches), les Emirats arabes unis (5,6% des importations malgaches) et l’Arabie saoudite (5% des importations malgaches).

Au total, selon les données du FMI, la Chine est le 1er partenaire commercial de Madagascar avec un volume d’échanges de 776 MUSD en 2016, devant la France (743 MUSD).

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Dernière modification : 17/07/2017

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