Maître Michel Ducaud, Officier de la Légion d’Honneur

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DISCOURS PRONONCE PAR L’AMBASSADEUR DE FRANCE A MADAGASCAR, JEAN-MARC CHATAIGNER, A L’OCCASION DE LA REMISE D’INSIGNE D’OFFICIER DE LA LEGION D’HONNEUR A MAITRE MICHEL DUCAUD, LE SAMEDI 17 MARS
A LA RESIDENCE FRANCE

Madame la Directrice Générale,
Monsieur le Sénateur représentant les Français de l’étranger
Chers amis,

Monsieur le Conseiller à l’Assemblée des Français à l’étranger, cher Maître Michel Ducaud,

Une fois n’est pas coutume, je commencerai ce traditionnel discours de remise de distinction honorifique par un sonnet :

Si je faisais, un soir le compte des soleils
Obliques et pourprés, accrochés à mes branches
Miellant d’or lumineux le galbe de mes hanches
Me fondant peu à peu aux nuages vermeils

Si je leur ajoutais les matins transparents
Apaisant une à une les ultimes étoiles
Les matins de béryl, les longs départs des voiles
Vers les vagues du large et les oiseaux des vents

Les midis généreux, les ballets des abeilles
Au creux de mes calices, affairées et fécondes
Le long ruissellement des lourdes pluies d’été

Si je devais compter par saisons par années
Je devrais m’avouer à nul autre pareil
Je suis le Baobab le plus ancien du monde.

Maître, ce poème, que vous avez composé en août 2004, révèle une autre facette de vous-même à celles et ceux qui ne vous connaissent que dans vos rôles d’avocat et d’élu des Français de l’étranger. Vous faites ainsi la preuve que la rigueur du droit et la solennité d’un mandat électif s’articulent harmonieusement avec la sensibilité du poète.

Car vous êtes un homme sensible Maître, j’y reviendrai dans un instant.

Rappelons d’abord que vous êtes né en 1938, à Tananarive, ce qui vous permet d’arborer une première distinction, celle d’être « Zanatany ». Vous-même enfant de Zanatany, vous perpétuez ainsi la lignée de trois générations qui, avant vous, ont décidé d’aller porter haut et fort dans le monde les valeurs de notre République, je pense évidemment aux aspects les plus nobles de cette idée.

Zanatany, vous participez à la construction de ce métissage unique des valeurs françaises et malgaches, au service de notre idéal universel. Profondément attaché à Madagascar vous revendiquez aussi un titre que l’on vous accorde volontiers, celui de « Teratany », c’est-à-dire d’autochtone. Zanatany, Teratany, on vous reconnaît aussi la qualité de Raiamandreny, terme que l’on pourrait traduire par : Le « père et la mère » ou encore « le sage » ou bien « l’arbitre ». C’est dire si vous êtes une personnalité connue, respectée, influente, point d’articulation essentiel entre nos deux nations.

Cher Maître Ducaud, à la suite de brillantes études de droit vous avez commencé une carrière d’avocat à Madagascar. Après vos premières années de plaidoiries à Tananarive, vous vous installez en 1967 à Mahajanga pour y ouvrir votre étude où, jusqu’à ce jour, vous continuez à exercer vos talents, reconnus et appréciés. Vous avez ainsi été délégué, élu et réélu pendant huit années consécutives, bâtonnier de l’ordre des avocats près la cour d’appel de Majunga.

Conseiller à l’assemblée des Français de l’étranger depuis 1985, et toujours largement plébiscité par nos compatriotes en résidence dans la zone Océan Indien, vous avez au cours de vos mandats successifs fait preuve d’un engagement sans faille en direction de nos ressortissants. C’est le volet social et notamment l’amélioration de leur protection sociale qui vous a tenu et vous tient toujours à cœur. Au sein des diverses instances de l’AFE vous avez inlassablement œuvré pour défendre leurs intérêts.

Je ne reviendrai pas sur l’ensemble des commissions dans lesquelles vous avez siégé mais relèverai votre qualité de vice président élu de la commission des affaires sociales après en avoir été le rapporteur général pendant dix-huit années, de 1991 à 2009.

Vous avez également été membre de la commission nationale permanente pour la protection sociale des Français de l’étranger de 2003 à 2009, membre élu du conseil d’administration de la caisse des Français de l’étranger durant cette même période et avez été le président de sa commission d’administration générale.

Cette cérémonie est donc l’occasion de saluer, cher Michel, vos mérites et de rappeler à travers les faits marquants de votre vie et de votre carrière le parcours et les actions qui justifient cette haute distinction. C’est également une occasion conviviale de rassembler vos proches et vos amis qui, pour certains – et je tiens à saluer ici la présence parmi nous de M. le Sénateur Jean-Pierre Cantegrit et de son épouse – sont venus de loin pour vous témoigner leur soutien et leur admiration.

Je sais aussi à quel point la présence de M. Claude Mac Gaw vous est chère, lui qui a été longtemps votre confrère au Conseil Supérieur des Français de l’étranger – maintenant AFE – et qui vous représente avec constance à Tananarive chaque fois que vous ne pouvez être présent aux différents comités consulaires.

Surtout, je ne peux oublier d’omettre l’attention constante de votre épouse Rachel, jeune et belle lycéenne, dont vous remarquez le charme sur le chemin de votre étude en passant quotidiennement devant le lycée Philibert Tsiranana. Elle deviendra votre moitié en 1972 et vous donnera deux enfants, Natacha et Nathalie.

*

Je le disais en commençant ce discours, vous êtes une personne sensible. Une personne altruiste et désintéressée, attentive à la dignité due à chacun et à chacune, prévenant tant envers les plus âgés qu’à l’égard des enfants.

Vous êtes en effet très engagé dans des actions de bénévolat en faveur des personnes les plus défavorisées. Ainsi votre forte implication dans l’association d’entraide des Français de la province de Majunga vous vaut d’en assurer depuis de nombreuses années la présidence. Cette association vient en aide aux Français les plus démunis, assure la gestion d’une cantine et d’un internat et prend en charge des Français démunis de la province en traitement médical à Majunga.

Très souvent et sur de longues périodes, elle n’a pu fonctionner et développer ses services que par vos seuls efforts en l’absence d’autres bénévoles motivés sur la durée. Par des témoignages qui me sont revenus, je sais combien les familles secourues vous sont reconnaissantes pour vos actions et engagement en leur faveur.

Votre expérience et vos compétences mises au service de la communauté française, et plus particulièrement des personnes en difficulté de notre communauté, bénéficient également aux commissions consulaires (pour les bourses, l’emploi et la formation professionnelle, l’aide sociale) au sein desquelles vous jouez un rôle très actif et où votre professionnalisme et votre connaissance du terrain sont irremplaçables. Vos conseils y sont recherchés et appréciés.

Maître, votre contribution personnelle et professionnelle au service de la communauté française de Madagascar est remarquable. Cela avait été relevé en 2003 lorsque vous avez été fait chevalier de l’Ordre de la Légion d’Honneur.

Depuis lors, vous avez sans désemparer confirmé et renforcé votre dévouement aux intérêts publics ainsi que votre engagement constant et exemplaire au service de ceux qui en ont le plus besoin. En reconnaissance de ces mérites exceptionnels, les autorités françaises ont tenu à vous élever au grade d’officier de la Légion d’Honneur, dont je vais à présent vous remettre les insignes.

Pour conclure, je vous le dit en toute amitié, cher Michel, continuez très longtemps à être le baobab le plus ancien du monde, nous vous y encourageons tous.

Maître Michel Ducaud, au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous promeus Officier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur./.
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Dernière modification : 21/03/2012

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