Ouverture du salon Ecotanana (22.06.2009)

Intervention de l’Ambassadeur de France pour l’ouverture du salon Ecotanana et d’une exposition d’artisanat à l’Alliance Française de Tananarive (22 juin 2009)

Madame le Ministre,

Mesdames et Messieurs, chers amis,

Je suis particulièrement heureux d’ouvrir avec vous ce salon professionnel -le salon Ecotanana- et cette exposition d’artisanat : il s’agit non pas du mariage de la carpe et du lapin, de la réunion de la sauterelle et du zébu, mais de la belle union de deux projets qui visent à promouvoir un tourisme durable et responsable pour la grande île. Ces deux projets marquent d’une pierre blanche une démarche inédite, intégratrice et fédératrice de développement durable qui s’appuie sur les atouts exceptionnels de Madagascar.

Tout d’abord, le salon Ecotanana vise à promouvoir la destination Tananarive qui doit figurer au programme des séjours touristiques et non plus seulement comme lieu de « passage aéroportuaire ». L’objectif est bien d’améliorer durablement les conditions de vie des acteurs du tourisme : artisans, hôteliers (maison d’hôtes), guides touristiques et celles de leurs familles, par la micro-finance, autour d’un réseau interprofessionnel labellisé et d’une charte qui respecte les principes du tourisme solidaire et durable. Le patrimoine architectural de Tananarive est unique : il mérite d’être pleinement défendu, préservé et valorisé. Cela ne peut se faire qu’avec l’adhésion entière de tous les acteurs concernés et de tous les habitants de la capitale, avec la conviction que vous devez, que nous devons, faire fructifier ce trésor forgé par l’histoire, les légendes et de nombreuses passions.

Ensuite, l’exposition d’artisanat constitue une autre vitrine de la culture nationale, une vitrine de l’art populaire malgache, cet art populaire dont André Malraux disait qu’il n’existe plus dans nos pays occidentaux « parce qu’il n’y a plus de peuple ». Cette exposition est le reflet d’une expression artistique à part entière mettant en valeur la remarquable qualité de la création artisanale malgache. Parfois, j’entends certains commenter que l’artisanat constitue un potentiel pour Madagascar. Eh bien, je voudrais dire à ceux-là qu’ils se trompent : l’artisanat n’est plus seulement un potentiel pour Madagascar ; l’artisanat, des villages aux cités, des campagnes au monde urbain, constitue d’ores et déjà une vraie richesse pour Madagascar, une richesse créée par les hommes, qui vaut bien des pierres précieuses ou des objets de consommation sans esprit et sans âme. A travers l’héritage de savoir-faire inégalés et inégalables, l’artisanat malgache, pour peu qu’on puisse l’aider à s’organiser et à se structurer, est un véritable moyen de développement économique pour des milliers de petits entrepreneurs et leurs familles par les ressources qu’il génère, les emplois qu’il crée, la croissance qu’il induit.

La rencontre de ces deux événements particuliers marque donc une synergie vertueuse pour une approche novatrice et originale de l’artisanat et du tourisme durables. Je n’ignore que le contexte dans lequel nous nous trouvons pour développer ces deux secteurs est particulier et n’est pas forcément le plus facile. Les contraintes politiques, économiques, sociales, avec une crise économique et financière mondiale sans précédent depuis les années 1930, avec cette crise politique malgache dont nous espérons la résolution la plus rapide possible, sont extraordinairement fortes. Mais c’est aussi, je crois, dans l’adversité que l’on peut puiser des forces, trouver des solutions que l’on n’aurait pas envisagées. Un proverbe malgache nous enseigne bien « qu’avec de l’activité, on vient à bout de tout » (« Tsy misy mafy tsy ho laitry ny zoto »). La crise ne doit pas arrêter l’investissement, la crise ne doit pas arrêter l’initiative, au contraire ! Madagascar a toutes les capacités, je l’ai déjà dit, avec ses hommes, avec ses ressources, pour devenir un pays à croissance rapide et durable, pour être un « dragon d’Afrique ». Ce salon, cette exposition nous montrent que le chemin pour y arriver est ouvert.

Je ne peux pas citer tous les partenaires et acteurs qui ont rendu cet événement possible. Je voudrai néanmoins mentionner pour leurs contributions décisives Ecotanana, l’Alliance Française de Tananarive (AFT) qui participe à de nombreuses actions de formation, le CITE et PlaNet Finance. Le soutien apporté par la Coopération française, l’AFD, et au niveau de la coopération décentralisée par la région Ile de France méritent également d’être salué.

Je voudrai féliciter tous les partenaires concernés, en premier lieu les acteurs de terrain et les formateurs, pour avoir su travailler ensemble et fédérer sous une bannière commune des actions et des objectifs souvent distincts, mais complémentaires et au service de cette démarche innovante.

Tout cela, je le sais, n’aurait pas non plus été possible sans l’engagement des autorités malgaches dans le soutien à cette démarche et je voudrai les en remercier.

Le discours au format "pdf" :

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Ecotanana 22.06.09
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Dernière modification : 01/06/2011

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