Visite de terrain à Fort Dauphin (mai 2013)

Discours du 16 mai 2013 devant la communauté française de Fort Dauphin.

Monsieur le Chef de région,
Monsieur le PDS,
Madame la Présidente de du Tribunal,
Monsieur le Procureur,
Mesdames et Messieurs les représentants des autorités locales,
Chers collègues ambassadeurs,
Cher(e)s compatriotes,
Cher(e)s ami(e)s,

Je suis particulièrement heureux d’être depuis quelques jours à Fort Dauphin. C’est ma première visite ici depuis mon arrivée à Madagascar il y a cinq mois. J’ai le plaisir de découvrir une région de toute beauté, et je suis très touché par l’accueil chaleureux qui m’a été réservé.

J’ai pris le temps, tant à titre personnel avec ma famille, qu’à l’occasion des visites et rendez-vous que j’ai pu avoir, de découvrir la diversité de votre cadre de vie. Mais aussi de prendre la mesure de la vitalité de la région, notamment dans sa dimension économique et culturelle.

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Ce déplacement me donne également une nouvelle occasion de recueillir des témoignages, tant sur votre situation que sur les préoccupations qui sont les vôtres. Je vais y revenir.

J’ai eu lundi un entretien avec le chef de région et le directeur régional de l’Education nationale. Ce fut un échange très constructif sur plusieurs plans, notamment en ce qui concerne les relations entre la région de Fort-Dauphin et la France.

Nous avons bien sûr évoqué les perspectives de sortie de la crise que connaît aujourd’hui Madagascar.

J’ai eu le plaisir en début de semaine de visiter le collège La Clairefontaine et l’école primaire française dont le professionnalisme des équipes, enseignants et non enseignants, m’a impressionné. Ce sont des structures d’une grande vitalité et je me réjouis de les voir fonctionner aussi bien.

Je sais que l’évolution du réseau scolaire à Madagascar a suscité des débats intenses et je voudrais dire quelques mots à ce sujet.

Des redéploiements de postes ont effectivement été nécessaires dans le contexte de crise que connaît Madagascar, une crise qui s’est accompagnée d’une baisse des effectifs dans nos établissements, et donc d’une baisse – maîtrisée – du nombre de postes. A Fort-Dauphin, vous avez été directement concernés.

Mais le réseau n’est pas pour autant sur le recul. Bien au contraire. Tous les acteurs – enseignants, parents, élus, administration – se sont mobilisés pour que nos établissements soient meilleurs, plus performants, plus accueillants, plus complémentaires et pour que le réseau soit plus homogène et plus cohérent.

Il est important de rappeler que l’effort de l’AEFE est de 18 millions d’euros par an et que le montant des bourses s’élève à plus de 6 millions d’euros pour scolariser 5 000 Français. Ce n’est pas, loin s’en faut, l’illustration d’un abandon quelconque. L’exemple du réseau malgache de l’AEFE constitue une preuve concrète de ce que, en période de crise et de difficultés, il est possible de mettre en œuvre une dynamique vertueuse qui renforce et modernise notre dispositif d’enseignement à l’étranger.

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Cette évolution s’inscrit également dans un cadre plus large qui inclut une réforme des bourses scolaires.

Une refonte du mode de calcul est actuellement mise en œuvre, avec le double objectif d’une plus grande équité et d’une gestion mieux maitrisée de l’enveloppe pour les années à venir. Cette réforme, annoncée par le Président de la République, était en effet nécessaire dans un but de justice sociale.

Elle l’est aussi dans le but de retrouver une capacité de maîtrise budgétaire qui permettra de financer de façon pérenne le dispositif d’aide à la scolarité. En fait, la répartition des bourses selon l’ancien système était deux fois inégale.

Inégale entre les pays d’une part, parce que l’évaluation du coût de la vie n’était pas harmonisée, chaque pays utilisant son barème. Inégale aussi au sein d’un même pays dans la mesure où le système précédent privilégiait les familles à hauts revenus dépensant beaucoup.

Avec la réforme, ce sont 400 familles supplémentaires qui seront aidées et les familles hier prises en charge à 100 % continueront de l’être, sauf si elles avaient des revenus élevés. En tout état de cause, aucune famille ne pâtira d’un différentiel supérieur à 20 pour cent à l’occasion de la mise en œuvre de cette réforme.

Je voudrais également ajouter qu’en matière d’aide sociale, les crédits destinés aux Français de l’étranger sont stabilisés, non seulement en 2013, mais aussi dans le cadre du triennum budgétaire 2013-2015. Un des effets pour le budget de Madagascar a été de permettre une augmentation sensible de l’allocation de base aux plus démunis, qui passe de 135 à 166 euros.

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Mes chers concitoyens,

Les trois questions fondamentales que se posent ceux qui vivent ou qui se destinent à vivre à l’étranger sont les suivantes : y aura-t-il des services administratifs rendus par un consulat à proximité, leur sécurité sera-t-elle assurée et y aura-t-il un établissement scolaire pour leurs enfants ?

Ce sont, bien sûr, des questions fondamentales pour la mobilité de nos compatriotes. Elles sont au cœur de la diplomatie économique dont le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a fait une priorité et sur laquelle je vais revenir dans un instant.

Je viens d’évoquer la question scolaire, je voudrais maintenant vous faire part de l’attention que portons aux questions de sécurité qui sont au cœur de mes préoccupations.

Je sais combien les habitants de Madagascar sont concernés par l’insécurité et à quel point les citoyens Français installés à l’étranger sont attentifs aux dispositions prises par l’Etat en ce domaine.

Le monde est instable et l’actualité internationale témoigne de l’augmentation des risques et de leur diversification à travers le monde. La combinaison de ces deux éléments accroit de ce fait le risque d’une atteinte à l’intégrité physique de nos ressortissants. Les Français de Madagascar n’ont pas été épargnés et plusieurs faits tragiques récents en témoignent.

C’est pourquoi j’accorde une attention prioritaire au travail d’information et de prévention des situations de crise.

Les réunions du comité de sécurité, les rencontres régulières avec diverses composantes de la communauté française, la mise à jour de la fiche conseils aux voyageurs, l’actualisation des plans de sécurité, l’élaboration d’une fiche réflexe et la coopération étroite avec la justice et les forces de l’ordre malgaches, sont autant de facteurs qui tendent à réduire les risques.

La mission très récente du centre de crise a par ailleurs permis de procéder aux ajustements permettant de renforcer les capacités de prévention et de gestion de situations critiques.

Mais au-delà de facteurs sur lesquels nous n’avons aucun contrôle – l’instabilité politique, la fragilisation des institutions, – il faut aussi constamment se poser la question de la responsabilité individuelle de chacun dans son quotidien. Sans parler des risques inconsidérés que certains prennent, le bon sens devrait plus souvent prévaloir afin d’éviter les situations périlleuses.

La sécurité de nos entreprises et de leurs personnels est à la fois une préoccupation et une priorité. On ne peut compter sur elles pour mettre en œuvre une diplomatie économique sans, dans le même temps, s’assurer des conditions dans lesquelles leur sécurité est garantie.

De nombreux opérateurs économiques sont installés à Fort Dauphin, et je sais que l’échange d’informations avec l’ambassade et le consulat général est très régulier sur les questions de sécurité. Quoi qu’il en soit, n’hésitez pas à faire des propositions pour renforcer plus encore cette coopération.

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Comme je le disais précédemment, le ministre des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius, a fait de l’économie la priorité de notre action diplomatique. Mon séjour à Fort Dauphin m’a convaincu que cette dimension est bien prise en compte ici.

J’ai installé récemment un conseil économique qui sera un relais important de la relation économique entre Madagascar et la France. Les conseillers du commerce extérieur, dont le président est membre de ce comité, continueront de jouer un rôle déterminant. Je salue leur présence et leur action.

La journée d’aujourd’hui a été largement consacrée à l’économie avec les visites du Port d’Ehoala et de QMM, visites à la fois très intéressantes et impressionnantes, notamment par la taille gigantesque des installations.

Plusieurs entreprises françaises concourent à l’activité de ces structures et je me réjouis qu’elles participent ainsi au dynamisme économique de la région. Nous en avons bien entendu parlé en détail lors de la réunion avec les conseillers du commerce extérieur ainsi qu’au déjeuner qui a suivi avec différents acteurs économiques.

Toujours dans le domaine économique, je voudrais souligner le rôle très incitatif de l’IFRA, dont j’ai visité le siège avant hier. Comme beaucoup d’entre vous le savent, l’IFRA est un établissement financier qui soutient la Mutuelle de Mandrare et développe une activité de financement direct de petites entreprises.

Lors de ma rencontre avec le conseil d’administration, présidé par M. Delphin ANDREAS, que je salue, j’ai pu mesurer combien il était indispensable de s’appuyer aussi sur le réseau des TPE/PME pour stimuler l’essor économique. A cet égard, la présentation du dispositif d’appui aux entreprises locales monté en partenariat avec QMM et d’autres acteurs, dont PPIC/Banque Mondiale, a mis en lumière la complémentarité des grandes industries et du réseau d’entreprises plus petites mais qui sont néanmoins elles aussi le garant de la vitalité économique de la région.

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Ce déplacement a également été l’occasion de consacrer une journée entière aux actions du Programme Alimentaire Mondial à Behara et à Berenty. Plusieurs temps fort ont marqué cette journée. Tout d’abord, la visite du projet VCT BeharaPAM/WWF/CSA, qui a donné lieu à des échanges très riches avec la communauté et les partenaires à compléter.

La visite d’une école avec cantine scolaire à Behara est une excellente illustration de la qualité du travail qui a été entrepris avec le PAM et les acteurs locaux. J’ai été très touché par l’engagement sans faille des différents partenaires. La rencontre avec les enfants et la communauté éducative a été très humainement très dense. A Berenty, j’ai pu m’entretenir avec les responsables locaux du PAM et visiter le magasin dont je salue la qualité de la gestion et la grande attention portée aux bénéficiaires.

Grâce à M. Fraslin, qui représente Mme Michèle Malivel, élue à l’Assemblée des Français de l’étranger, et qui par ailleurs est un excellent pilote d’avion, j’ai pu apprécier depuis les airs les extraordinaires paysages alentours. Je l’en remercie sincèrement.

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Mes chers amis, chers concitoyens,

A Fort Dauphin, comme partout dans le monde, votre présence à l’étranger constitue un atout déterminant pour notre pays. Vous contribuez pleinement au rayonnement de la France dans les domaines économique, commercial, culturel et linguistique.

D’ailleurs, sur ces deux derniers points – culturel et linguistique – j’adresse toutes mes félicitations à notre jeune directeur de l’Alliance française qui anime son équipe avec beaucoup de compétence et de qualités humaines.

Je vous remercie de l’attention que vous m’avez accordée. Soyez assurés de mon entière disponibilité à travailler avec vous, vos élus, les services de l’Etat, notamment le consulat général et plus particulièrement notre consul honoraire, M. Viau, que je remercie vivement pour la préparation de ce déplacement./.

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Dernière modification : 30/05/2013

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